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Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) : diagnostic et bilan initial

Mise à jour par la HAS 01/11/2019
Synthèse par ebmfrance 11/01/2022
Thématiques

À retenir

  • La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une pathologie encore méconnue des patients et sous-diagnostiquée.
  • Y penser devant tout patient de plus de 40 ans à risque (tabagisme, profession exposée...) et/ou symptomatique (dyspnée, toux, expectoration chroniques...).
  • La spirométrie est nécessaire pour faire le diagnostic.
  • Pour la prise en charge au long cours de la BPCO : voir has0004f
  • Pour le diagnostic et la prise en charge d'une exacerbation de BPCO : voir has0003f

 

Repérage clinique

  • Y penser devant tout patient > 40 ans avec au moins 1 facteur de risque ou un symptôme :
    • facteurs de risque :
      • tabagisme
      • facteurs environnementaux : pollution atmosphérique et pollution intérieure (chauffage au bois ou charbon)
      • exposition professionnelle à des toxiques ou des irritants : particules minérales (silice, charbon) ou organiques (végétales, moisissures), gaz, vapeurs et fumées
    • symptômes précoces :
      • toux chronique
      • expectoration fréquente
      • dyspnée

Diagnostic

  • Le diagnostic de la BPCO repose sur la spirométrie mettant en évidence un trouble ventilatoire obstructif non réversible après bronchodilatateur.
    • réalisation codifiée par un personnel formé aux explorations fonctionnelles respiratoires
    • diagnostic de la BPCO :
      • rapport VEMS/CVF < 70 % (troubles ventilatoire obstructif) après un bronchodilatateur (test de réversibilité)
      • le rapport VEMS/CVF < limite inférieure de la normale après bronchodilatateurs est calculé en complément chez :
        • les patients de moins de 50 ans
        • et surtout les patients âgés
    • en cas de doute (VEMS/CV entre 60-80%) ou de discordance, la spirométrie sera répétée à distance (variations physiologiques possibles) et un avis pneumologique peut être nécessaire

Diagnostic différentiel

  • Asthme
    • terrain atopique, symptôme avant 35 ans, peu de toux productive chronique, sifflement nocturne et variabilité des symptômes au cours de la journée
    • à la spirométrie : variation du Débit Expiratoire de Pointe (DEP), réversibilité du VEMS
    • résumé des différences cliniques et spirométriques entre BPCO et asthme
    • la coexistence des 2 maladies est possible (syndrome de chevauchement de l'asthme et de la BPCO)
  • Bronchectasie
  • Embolie pulmonaire
  • Insuffisance cardiaque
  • Hypertension artérielle pulmonaire

Bilan initial

Évaluation clinique de la sévérité

  • Statut tabagique : voir has0029f
  • Dyspnée : échelle mMRC (Tableau1 )
    • en cas de mMRC ≥ 2, mesure de la tolérance à l'exercice (test de marche de 6 minutes, lever de chaise...)
  • SpO2 (si besoin à compléter par des gaz du sang)
  • Nombre d'exacerbations par an notamment celles sévères (hospitalisation)
  • Etat nutritionnel (poids, taille, IMC) : recherche des signes de dénutrition (IMC < 21 en cas de BPCO). Moins de 70 ans has0048f/ Plus de 70 ans
  • Qualité de vie : questionnaire CAT, avec recherche d'une restriction de participation (handicap)
Tableau 1. Échelle de dyspnée mMRC (Medical Research Council modifiée)

Evaluation spirométrique de la sévérité

  • Mesure du stade d'obstruction bronchique déterminé de I à IV en fonction du VEMS après bêta-2 mimétique (Tableau 2)

Tableau 2. Sévérité de l'obstruction bronchique 

StadeVEMS après bêta-2 mimétique
I : léger≥ 80 % valeur prédite
II : modéré50 % ≤ VEMS < 80 % valeur prédite
III : sévère30 % ≤ VEMS < 50 % valeur prédite
IV : très sévèreVEMS < 30 % valeur prédite OU VEMS < 50 % valeur prédite avec insuffisance respiratoire chronique grave

Recherche de comorbidités

  • Dans 60 à 70% des cas, il existe une ou plusieurs comorbidités :
    • maladie cardiovasculaire : arythmie, cardiopathie ischémique, insuffisance cardiaque, AOMI.
      • une consultation chez un cardiologue est recommandée dans l'année qui suit le diagnostic
    • cancer lié au tabac : poumon, vessie, ORL, digestif
    • trouble psychiatrique : dépression, anxiété, addiction
    • trouble musculosquelettique : ostéoporose, faiblesse des muscles locomoteurs
    • anémie, polyglobulie
    • trouble du sommeil, syndrome d'apnée du sommeil
    • diabète, dyslipidémie
    • reflux gastro-œsophagien (facteur de risque d'exacerbation)
  • Le traitement de la BPCO est identique, qu'il existe ou non des comorbidités, et le traitement des comorbidités n'est pas modifié par la présence de la BPCO.

Synthèse : examens complémentaires

Tableau 3. Examens complémentaires chez un patient ayant une BPCO

Auteurs de la synthèse

Nicolas de Chanaud , Thomas Higel et Claire Rambaud

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