Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) : exacerbation
Mise à jour par la HAS
01/11/2019
Synthèse par ebmfrance
11/01/2022
Thématiques
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À retenir
- Le diagnostic repose sur une aggravation des symptômes conduisant à une modification thérapeutique.
- Le traitement repose sur les bronchodilatateurs.
- Ne pas prescrire systématiquement un antibiotique pour une exacerbation de BPCO.
- Une exacerbation sévère avec insuffisance respiratoire aiguë est une urgence vitale.
- Pour le diagnostic de la BPCO : voir has0051f.
- Pour la prise en charge de la BPCO stable : voir has0004f.
La HAS 2024 a produit une nouvelle recommandation sur les choix et durées d'antibiothérapies dans les exacerbations aiguës de bronchopneumopathie chronique obstructive (EABPCO). Le guide ci-dessous n'a pas encore mis à jour. En attendant, consulter le texte intégral sur le site de la HAS. |
Diagnostic
Clinique
- Chez un patient BPCO connu, le diagnostic repose sur 2 critères :
- une aggravation des symptômes respiratoires (toux, volume et/ou purulence de l'expectoration, dyspnée) au-delà des variations quotidiennes
- conduisant à une modification thérapeutique (pendant une durée ≥ 24 heures pour une seule augmentation des bronchodilatateurs)
- L'exacerbation est souvent révélatrice de la BPCO has0051f.
- Des facteurs déclenchants peuvent être identifiés dans 2/3 des cas :
- infection virale ou bactérienne
- pollution
- arrêt des traitements de fond
- autres facteurs favorisants : manque d'activité physique, tabagisme, douleur, anxiété, médicament avec effet dépresseur respiratoire, reflux gastro-oesophagien
Diagnostic différentiel
- Syndrome coronarien aigu
- Insuffisance cardiaque
- Embolie pulmonaire
- Pneumonie communautaire
Évolution
- Elle dépend de la gravité de la BPCO, du contexte et de la rapidité de mise en œuvre du traitement.
- Une exacerbation sévère avec insuffisance respiratoire aiguë est une urgence vitale.
- La survenue d'exacerbations pourrait favoriser les exacerbations suivantes.
Prise en charge
La prise en charge globale d'une exacerbation de BPCO est décrite dans la Figure 1
Figure 1. Prise en charge d'une exacerbation de BPCO

Critères d'hospitalisation
- Critères principaux (1 seul suffit) :
- âge > 85 ans
- dyspnée mMRC 4-5 à l'état basal
- respiration paradoxale ou muscles accessoires
- trouble de la conscience
- contexte particulier (comorbidité, situation sociale)
- Autres critères (voir la liste détaillée)
- exacerbation fréquente, à début rapide
- fréquence cardiaque > 110/min
- cyanose, OMI, douleur thoracique
- SpO2 < 90%
- signes d'hypercapnie
- encombrement bronchique important
- modification radiologique, anomalie aiguë à l'ECG
- sévérité de la BPCO, patient sous OLD
Examens complémentaires en ville
- Systématiques :
- oxymétrie de pouls, gaz du sang si SpO2 < 90 % et chez les patients insuffisants respiratoires sous oxygène
- Non systématiques :
- bilan biologique pour évaluer les comorbidités, rechercher des signes d'infections et éliminer les diagnostics différentiels (BNP, D-Dimères)
- imagerie : radiographie thoracique, échographie cardiaque (diagnostic différentiel)
- ECBC : si échec d'une première antibiothérapie
- Non recommandé : spirométrie en phase aiguë
Stratégie thérapeutique
- Bronchodilatateurs de courte durée d'action (BDCA) :
- majoration de la posologie (dose et/ou fréquence) jusqu'à amélioration des symptômes
- ß-2-agonistes de courte durée d'action (BACA) de préférence, avec ou sans anticholinergiques de courte durée d'action (AMCA)
- adapter le mode d'administration : inhalateur, chambre d'inhalation, nébulisation
- durée : jusqu'à l'amélioration des symptômes
- Antibiothérapie :
- indication en ville uniquement si modification de l'expectoration (un seul critère suffit) :
- changement de couleur
- augmentation de son volume
- augmentation de son épaisseur
- durée : 5 jours
- le choix de la molécule est décrit dans la Figure 2
- indication en ville uniquement si modification de l'expectoration (un seul critère suffit) :
- Corticoïdes systémiques : il n'existe pas de consensus dans la littérature. La Société de Pneumologie de Langue Française préconise, en l'absence d'amélioration sous traitement optimal, 30-40mg de prednisolone pendant 5 jours AE.
- La kinésithérapie n'est justifiée qu'en cas d'encombrement.
- La théophylline et les mucomodificateurs ne sont pas recommandés.
Figure 2. Stratégie antibiotique en ville en cas d'exacerbation de BPCO

Au décours de l'épisode
- En ville, surveillance systématique à 24-72h pour évaluer l'indication d'une hospitalisation ou d'une antibiothérapie.
- Lors de la sortie d'hospitalisation, prévoir une consultation chez le médecin généraliste dans la semaine.
- Revoir le traitement de fond avec au minimum un bronchodilatateur de longue durée d'action.
- Initier ou poursuivre l'éducation thérapeutique (ETP), revoir le plan d'action en cas d'exacerbation.
- Mise en place d'une réadaptation respiratoirehas0004f#sTraitementnonmedicamenteux dite « précoce » dans les 2 à 4 semaines après la sortie (contenu et modalité identiques à la réadaptation à l'état stable).
Auteurs de la synthèse