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Tendinopathies de la coiffe des rotateurs : prise en charge

Mise à jour par la HAS 01/01/2024
Synthèse par ebmfrance 09/09/2026

À retenir

  • Ce guide concerne la prise en charge des pathologies de la coiffe des rotateurs non traumatiques et non hyperalgiques.
  • Le traitement de 1e intention associe antalgiques, AINS (en l’absence de contre-indication), éducation et conseils.
  • Après 4 à 6 semaines de persistance des symptômes, avec ou sans traitement, la radiographie standard est indispensable en 1e intention pour éliminer un diagnostic différentiel. 
  • Le traitement de 2e intention associe kinésithérapie et si nécessaire une ou deux infiltrations de dérivés cortisonés.
  • Le recours à un médecin spécialiste de l’épaule est utile en l’absence d’évolution favorable des symptômes.
  • Dans la tendinopathie non rompue de la coiffe des rotateurs, la chirurgie n’a pas démontré son intérêt dans l’état actuel des connaissances :
    • elle ne peut se discuter qu’en cas d’échec d’une prise en charge médico-fonctionnelle bien conduite.
  • Pour le diagnostic des douleurs non traumatiques de l’épaule (dont les tendinopathies de la coiffe des rotateurs) : voir le guide dédié.

Rappels anatomiques

  • L’épaule est une articulation complexe dont les mouvements sont permis par : 
    • 3 articulations :
      • gléno-humérale
      • acromio-claviculaire
      • sterno-claviculaire 
    • 2 plans de glissement :
      • bourse sub-acromiale
      • espace scapulo-thoracique
  • La coiffe des rotateurs comprend 4 muscles (Figures 1 et 2) : 
    • le supra-épineux qui intervient principalement dans l’initiation de l’abduction de l’épaule
    • l’infra-épineux et le petit rond qui sont les rotateurs latéraux principaux de l’épaule
    • le sub-scapulaire qui est le principal rotateur médial de l’épaule 
  • La proximité anatomique et fonctionnelle du tendon du long biceps justifie d’intégrer sa pathologie dans celle de la coiffe des rotateurs AE.
    • Il est supinateur et fléchisseur de l’avant-bras.

Figure 1. Schéma de l’épaule en vue antérieure

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Schéma de l’épaule en vue antérieure

Figure 2. Schéma de l'épaule en vue postérieure

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Schéma de l'épaule en vue postérieure

Synthèse

Figure 3. Prise en charge des tendinopathies de la coiffe des rotateurs non traumatiques et non hyperalgiques 

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Arbre prise en charge tendinopathies

1e intention

  • En 1e intention, la prise en charge comporte :
    • conseils AE :
      • pas d’immobilisation
      • poursuite des activités tolérables
      • maintien de l’activité professionnelle en fonction des contraintes et de la limitation fonctionnelle
    • paracétamol associé ou non aux antalgiques de palier 2 selon l’intensité de la douleur AE :
      •  pour limiter le risque iatrogène, un traitement infiltratif peut être préférable à un traitement général dans un contexte de polypathologie
    • AINS en cas de douleur aiguë, en association aux antalgiques, à dose anti-inflammatoire, en cure courte, en l’absence de contre-indication, en association avec des IPP si besoin B 
      • évaluer le rapport bénéfices/risques chez les sujets âgés : les infiltrations sub-acromiales de dérivés cortisonés peuvent être préférables AE 
  • En l’absence de preuve scientifique d’un rapport bénéfices/risques favorable, les corticoïdes par voie orale ne sont pas à utiliser AE.

2e intention, persistance après 4 à 6 semaines

  • En cas de persistance des symptômes après 4 à 6 semaines, réévaluer cliniquement le patient.
  • La radiographie standard est indispensable en cas de persistance des symptômes après 4 à 6 semaines d’évolution, avec ou sans traitement, pour éliminer les diagnostics différentiels : 
    • face (rotations neutre, interne et externe)
    • faux profil de Lamy
    • si besoin bilatérales et comparatives
    • en l’absence de nouvel évènement clinique, il n’y a pas d’indication à les renouveler AE 
  • Le traitement de deuxième intention comporte : 
    • une adaptation du traitement médicamenteux
    • de la kinésithérapie B  :
      • une amélioration clinique est attendue au bout de 6 semaines à 3 mois
    • si nécessaire et selon la balance bénéfices/risques, une ou deux infiltrations sub-acromiales de dérivés cortisonés car elles ont un effet antalgique d’une durée de 3 à 8 semaines B : 
      • des radiographies de l’épaule doivent être réalisées avant
      • la méthode est choisie par l’opérateur (voie d’abord, volume injecté…)
      • à ce jour, aucune modalité (repérage clinique ou par imagerie) n’a fait la preuve de sa supériorité
      • espacer les infiltrations d’au minimum 3 semaines
      • ne pas répéter les infiltrations en l’absence d’amélioration durable
      • voir plus de détails sur les modalités des infiltrations, notamment en cas de comorbidités associées (diabète, AVK, anticoagulants oraux directs…)
  • A ce jour, les injections d’acide hyaluronique ou de plasma riche en plaquettes n’ont pas démontré leur efficacité dans le syndrome douloureux sub-acromial B.

Persistance après le traitement de 2e intention

Réévaluation clinique et thérapeutique

  • Si les symptômes persistent malgré le traitement de 2e intention :
    • réévaluation médicale et thérapeutique
    • concertation avec le masso-kinésithérapeute 
      • une amélioration clinique est attendue au bout de 6 semaines à 3 mois
      • une amélioration insuffisante nécessite une réévaluation médicale avant de décider de poursuivre la kinésithérapie
    • réévaluation du contexte (professionnel ou autre)
    • recherche d’une perte d’autonomie

Imagerie 

  • Une échographie ou une IRM ne doivent être prescrites que si un bilan radiographique a été réalisé au préalable AE.
  • En cas d’échec d’un traitement associant kinésithérapie et infiltration, et après réévaluation clinique, une échographie de l’épaule peut préciser le diagnostic lésionnel AE. 
  • Une IRM peut être prescrite : 
    • si les symptômes ne sont pas expliqués par l’échographie
    • en cas de forte suspicion de rupture tendineuse 
    • et/ou en l’absence d’un échographiste expérimenté en pathologie ostéoarticulaire 
  • L’indication d’une arthroIRM, d’un arthroscanner ou d’un scanner sans arthrographie relève du spécialiste.

Avis spécialisé

  • Le recours à un médecin spécialiste de l’épaule est utile en l’absence d’évolution favorable des symptômes : 
    • rhumatologue
    • médecin de médecine physique et de réadaptation
    • médecin du sport
    •  ou chirurgien orthopédique 
  • L’avis du gériatre est également une option selon la situation clinique.
  • Il peut être conseillé au patient de s’adresser au médecin du travail (visite de pré-reprise ou visite à la demande) pour AE :
    • évaluer les contraintes professionnelles 
    • mettre en place des aménagements
  • Dans les situations complexes, il est conseillé d’envisager une prise en charge pluridisciplinaire pouvant impliquer plusieurs professionnels de santé : 
    • médecin/chirurgien
    • rééducateur : kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien…
    • autres professionnels : psychologue, assistant social, éducateur en activité physique adaptée, éducateur sportif…  AE

Chirurgie

  • Dans la tendinopathie non rompue de la coiffe des rotateurs, la chirurgie n’a pas démontré son intérêt dans l’état actuel des connaissances. 
    • Elle ne peut se discuter qu’en cas d’échec d’une prise en charge médico-fonctionnelle bien conduite. 
  • Dans la tendinopathie non rompue de l’épaule, le recours à la chirurgie (acromioplastie) après une prise en charge incomplète est encore trop fréquent.
    • En 2022, durant les 18 mois avant la chirurgie (cf état des pratiques, HAS) :
      • 1 patient sur 3 n’a pas eu de radiographie en imagerie de 1e intention
      • 1 patient sur 3 n’a pas eu de kinésithérapie
      • 1 patient sur 2 n’a pas eu d’infiltration de dérivés cortisonés
  • La décision d’opérer le patient pour une tendinopathie dégénérative n’est jamais une urgence.

Maladie professionnelle

  • Les tendinopathies non rompues de la coiffe des rotateurs, en lien avec des gestes sollicitants, peuvent être reconnues en maladie professionnelle indemnisable (tableau 57 des maladies professionnelles).
    • les tendinopathie calcifiantes (calcifications de type A, B et C de la classification radiologique de Molé) ne peuvent pas être reconnues en maladies professionnelles AE
    • certaines tendinopathies avec calcifications d’insertion ou calcifications vues uniquement à l’échographie peuvent faire l’objet d’une demande de reconnaissance AE
  • Les ruptures (partielles ou transfixiantes) des tendons de la coiffe des rotateurs peuvent être reconnues au titre des maladies professionnelles indemnisables, même en présence de calcifications. 
  • Si le patient, en accord avec le médecin, souhaite faire une demande de reconnaissance en maladie professionnelle, une IRM est indiquée. 

Auteurs de la synthèse

Morgan Gendron , Emilande Pinaud et Hélène Hyron

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