Contraception chez les patientes transplantées (rein, foie, cœur, poumon)
Publication par la HAS
01/02/2019
Synthèse par ebmfrance
15/02/2021
Thématiques
À retenir
- L'initiation et la gestion de la contraception chez une femme transplantée relève du spécialiste. Le présent guide est destiné aux médecins généralistes à titre informatif.
- Les patientes doivent recevoir une information sur les différents modes de contraception à utiliser dès que la greffe est envisagée.
- Toute méthode contraceptive doit être adaptée à chaque femme et choisie par et avec elle, en concertation avec le gynécologue et le service de transplantation en fonction de sa réalité quotidienne et des éventuelles contre-indications.
- Le médecin généraliste peut prescrire une contraception d'urgence en concertation avec le gynécologue et le service de transplantation.
- Certains traitements immunosuppresseurs ont un potentiel tératogène, voire génotoxique, et sont contre indiqués en l'absence de méthode contraceptive efficace. Les méthodes barrières (dont les préservatifs) ne constituent pas une méthode fiable de contraception si elles sont utilisées comme seule méthode contraceptive ( taux d'échec élevéhas0022f)
En cas de greffe d'organe non compliquée
L'initiation et la gestion de la contraception chez une femme transplantée relève du spécialiste.
Méthodes contraceptives selon l'organe transplanté
| Contraception oestroprogestative | Progestatif seul | Dispositif intra-utérin | Méthode barrière | |
|---|---|---|---|---|
| Rein | Autorisée* | Autorisé* | Autorisé* | Autorisée* |
| Foie | Contre-indications :
| |||
| Cœur | A discuter au cas par cas avec le gynécologue et le cardiologue référent | |||
| Poumon | Autorisée* |
* en respectant les contre-indications de la population générale
Cas particuliers chez les patients transplantés selon le traitement reçu
Certains traitements immunosuppresseurs ont un potentiel tératogène, voire génotoxique (comme pour le mycophénolate), et sont contre indiqués en l'absence de méthode contraceptive efficace.
| Sirolimus | Contraception efficace nécessaire et à poursuivre 12 semaines après son arrêt |
| Evérolimus | Contraception efficace nécessaire et à poursuivre 8 semaines après son arrêt |
| Mycophénolate mofénil ou sodique | Chez les femmes transplantées :
|
Chez les couples où l'homme prend du mycophénolate :
|
En cas de greffe d'organe compliquée
- Une greffe d'organe compliquée est définie par un échec (aigu ou chronique) ou un rejet ou une allogreffe cardiaque compliquée de vasculopathie.
- Dans tous les cas, l'initiation et la gestion de la contraception relève du spécialiste.
- La prescription doit toujours se faire dans le respect des contre-indications de la population générale. Pour plus d'informations, voir méthodes contraceptives utilisables dans la population généralehas0043f.
- Méthodes utilisables :
- méthodes barrières : utilisables dans tous les cas
- progestatifs seuls (forme orale microprogestative, implant à l'étonogestrel, acétate de médroxyprogestérone injectable) : possible, balance bénéfice/risque en faveur
- autres méthodes (dispositif intra-utérin, contraception estroprogestative) : selon l'organe transplanté et la situation clinique de la patiente
En cas d'urgence
- Le médecin généraliste peut prescrire une contraception d'urgence en concertation avec le gynécologue et le service de transplantation.
- La prescription doit toujours se faire dans le respect des contre-indications de la population générale. Pour plus d'informations, voir les guides Méthodes utilisableshas0043f et Contraception d'urgencehas0023f.
- En cas de greffe non compliquée ou compliquée, il est possible d'utiliser, en respectant les contre-indications :
- un progestatif à l'acétate d'ulipristal (EllaOne®)
- un progestatif au lévonorgestrel (Norlevo®)
- L'utilisation du DIU au cuivre :
- balance bénéfice/risque en faveur en cas de greffe non compliquée
- balance bénéfice/risque en défaveur en cas de greffe compliquée
Risques d'interactions médicamenteuses
- Vérifier les interactions médicamenteuses potentielles, notamment :
- l'acétate d'ulipristal (EllaOne®) : risque d'augmentation des doses circulantes de ciclosporine, de tacrolimus, de sirolimus et d'évérolimus, s'il est administré en même temps par voie orale
- la contraception œstroprogestative : risque d'augmentation des concentrations circulantes de sirolimus, de ciclosporine, de tacrolimus et des corticoïdes. Il est recommandé de doser régulièrement ces immunosuppresseurs dans le sang
- Pour plus d'informations sur les méthodes contraceptives (indications, effets indésirables associés...), voir has0043f.
Auteurs de la synthèse