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Contraception chez la femme après une interruption volontaire de grossesse (IVG)

Mise à jour par la HAS 01/07/2019

À retenir

  • La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate.
  • Le démarrage de la contraception varie selon la méthode choisie.
  • Concernant les méthodes barrières, il est conseillé d'utiliser une méthode ne nécessitant pas de manipulation vaginale (comme le préservatif masculin), pendant le premier cycle suivant l'IVG.
  • Les préservatifs représentent la seule méthode de contraception efficace contre les infections sexuellement transmissibles.
  • A noter que les méthodes de longue durée d'action sont adaptées aux femmes ayant des problèmes d'observance.

Particularités de la prescription et conseils

  • Une information sur la contraception doit être délivrée lors de la consultation pré-IVG. C'est le moment de :
  • La consultation en post-IVG permet de vérifier si la méthode choisie est adéquate et bien adaptée à la femme, notamment au regard de l'observance.

Démarrage de la contraception post-IVG

  • La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate, une contraception efficace est donc indispensable dès la réalisation de l'IVG.
  • Le démarrage de la contraception varie selon la méthode choisie (voir tableau 1 ).
Tableau 1. Méthodes et modalités d'initiation de la contraception post-IVG
 IVG chirurgicaleIVG médicamenteuse
Estroprogestatifs (pilule, anneau vaginal, patch)Le jour de l'aspiration ou le lendemainLe jour de la prise des prostaglandines ou le lendemain
Progestatifs (pilule, implant SC, injection IM)Le jour de l'aspiration ou le lendemainLe jour de la prise des prostaglandines ou le lendemain
Dispositif intra-utérin (au cuivre ou Lévonorgestrel)Immédiatement au décours de l'aspiration chirurgicale (sauf en cas d'épisode infectieux)Lors de la visite de contrôle après une IVG médicamenteuse si :
- vacuité utérine à l'échographie
- ou si bêta-hCG plasmatiques négatifs (si doute : pose du DIU lors des règles suivantes et prévoir une autre contraception dans l'intervalle)
Méthodes barrières et dites naturellesImmédiatement après l'IVG et lors de chaque rapport sexuel
Méthodes de stérilisationDélai de réflexion de 4 mois entre la demande initiale et la réalisation de la stérilisation : une autre contraception doit être utilisée dans l'intervalle

Méthodes estroprogestatifs

  • Les estroprogestatifs (quelle que soit la voie d'administration : pilule, patch ou anneau vaginal) sont utilisables immédiatement après une IVG (chirurgicale ou médicamenteuse) :
    • en l'absence de contre-indications principalement d'ordre thromboembolique veineux ou artériel, hépatique ou carcinologique
    • en prenant en compte les facteurs de risque de thrombose, notamment antécédents personnels ou familiaux de thrombose veineuse ou artérielle, thrombophilie biologique connue, immobilisation prolongée, obésité, âge > 35 ans, HTA, diabète, dyslipidémie, tabagisme, migraine
  • Les estroprogestatifs peuvent être commencés :
    • le jour de l'aspiration ou le lendemain en cas d'IVG chirurgicale
    • le jour de prise des prostaglandines ou le lendemain en cas d'IVG médicamenteuse
  • Pour plus d'informations (modalités de prescription, contre-indications, informations à donner aux femmes...) : voir has0043f.

Méthodes progestatifs (hors DIU)

  • Les progestatifs (quelle que soit la voie d'administration) sont utilisables immédiatement après une IVG (chirurgicale ou médicamenteuse) :
    • en l'absence de contre-indications, notamment accidents thromboemboliques veineux évolutifs, saignements génitaux inexpliqués, cancer du sein ou de l'utérus, pathologie hépatique sévère actuelle ou ancienne
  • Les progestatifs peuvent être commencés :
    • le jour de l'aspiration ou le lendemain en cas d'IVG chirurgicale
    • le jour de prise des prostaglandines ou le lendemain en cas d'IVG médicamenteuse
  • A noter que l'implant à l'étonogestrel, méthode de longue durée d'action, est efficace pendant 3 ans, mais le risque rare de migration de l'implant dans les vaisseaux sanguins et dans la paroi thoracique est à prendre en compte.
  • Pour plus d'information (modalités de prescription, contre-indications, informations à donner aux femmes...) : voir has0043f.

Dispositifs intra-utérins (DIU)

  • Les DIU sont utilisables après une IVG (chirurgicale ou médicamenteuse) :
    • en l'absence de contre-indications : malformations utérines, infections en cours ou saignements inexpliqués et de contre-indications aux progestatifs en cas de DIU au Lévonorgestrel
    • après avoir évalué et écarté un risque infectieux : rechercher une infection à Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae avant la pose, notamment en cas d'infection sexuellement transmissible, infection génitale haute en cours ou récente, âge < 25 ans ou en cas de partenaires multiples
  • Quel que soit le DIU, il peut être mis en place :
    • immédiatement au décours de l'aspiration après une IVG chirurgicale (sauf en cas d'épisode infectieux)
    • lors de la visite de contrôle après une IVG médicamenteuse si la vacuité utérine à l'échographie est constatée ou si le dosage de bêta-hCG plasmatique est négatif
    • en cas de doute, le DIU est posé lors des règles suivantes (dans ce cas, une autre contraception doit être utilisée dans l'intervalle)
  • Pour plus d'informations (choix du DIU, contre-indications, modalités de prescription, informations à donner aux femmes...) : voir has0043f.

Méthodes barrières

  • Il est conseillé d'utiliser une méthode ne nécessitant pas de manipulation vaginale (comme le préservatif masculin), pendant le premier cycle suivant l'IVG.
  • Les méthodes barrières ont une efficacité contraceptive moindrehas0022f que celle de la contraception hormonale ou du DIU. Elles doivent être utilisées lors de tous les rapports sexuels, quelle que soit la date du cycle.
  • Compte tenu du taux d'échec élevé, l'éventualité d'une grossesse non prévue doit être acceptable sinon préférer une autre méthode.
  • Les préservatifs (masculins, féminins) représentent la seule méthode de contraception efficace contre les infections sexuellement transmissibles.
  • Pour plus d'informations (choix de la méthode, modalités de prescription, informations à donner aux femmes...) : voir has0043f .

Méthodes dites naturelles

  • Bien expliquer aux femmes/couples que ces méthodes ont un taux d'échec élevéhas0022f. C'est pourquoi l'éventualité d'une grossesse non prévue doit être acceptable, sinon préférer une autre méthode.
  • Ces méthodes ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles.

Méthodes de stérilisation

  • Plusieurs méthodes de stérilisationhas0025f sont disponibles :
    • ligature des trompes
    • électrocoagulation
    • pose d'anneaux ou de clips
  • Les présenter comme irréversibles.
  • Il n'y a pas de délai minimum entre la réalisation d'une IVG et d'une stérilisation, sous réserve du respect du délai de réflexion de 4 mois entre la demande initiale et la réalisation de la celle-ci.
  • La stérilisation est contre-indiquée après une IVG en cas d'avortement septique.
  • Proposer une autre contraception dans l'attente de la stérilisation.

Auteurs de la synthèse

Simon Frémaux , Hélène Hyron et Annie Tangtakoun

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