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Mort Inattendue du Nourrisson : prévention et conduite à tenir

Publication par la HAS 07/01/2017
Thématiques

À retenir

  • La conduite à tenir en cas de mort inattendue du nourrisson (MIN) est standardisée afin d'en améliorer la prise en charge et de rendre disponible des statistiques de mortalité fiables (importance de rédiger un certificat de décès de qualité).
  • Il existe une sous-estimation dans tous les pays de la fréquence des homicides, surtout dans la 1ère année de vie.
  • Appeler systématiquement le 15.
  • La prise en charge hospitalière est systématique par les centres MIN.

Définition

  • La « mort inattendue du nourrisson » est définie comme « une mort survenant brutalement chez un nourrisson de moins de 2 ans alors que rien, dans ses antécédents connus, ne pouvait le laisser prévoir ».
  • Elle inclut :
    • les décès liés à une mort subite inexpliquée (qui reste inexpliquée après une autopsie complète, l'analyse des circonstances de la mort et de l'histoire clinique antérieure)
    • les décès secondaires à une pathologie identifiable ou à une cause accidentelle
    • les décès liés à une maltraitancehas0014f

Épidémiologie

  • Prévalence de la mortalité infantile en France des nourrissons de 0 à 1 an : 3,7 ‰ (stable depuis 2005)
  • Le taux de MIN en France se situe dans la moyenne européenne mais reste difficile à évaluer.
  • Les nourrissons de 0 à 1 an souffrent d'une mortalité plus importante que dans les tranches d'âge supérieure (de 1 à 14 ans), et sont particulièrement touchés par les mauvais traitements.

Facteurs de risque

  • La position de couchage : en position ventrale (risque d'enfouissement, d'hyperthermie et de confinement respiratoire) et latérale (risque de basculement sur le ventre).
  • Les matériels de contention (cale-bébé, cale-tête, coussin de positionnement, réducteur de lit, etc.) : inutiles, délétères et dangereux car ils peuvent favoriser le retournement ventral et augmentent le risque de décès asphyxique par enfouissement.
  • Les objets (doudous, peluches, couettes, couvertures, etc.) pouvant recouvrir, étouffer ou confiner l'enfant sont à proscrire.
  • Tous les tours de lit sont dangereux car ils confinent l'air inhalé par l'enfant et augmentent le risque d'enfouissement et d'hyperthermie.

Prévention

  • Il est recommandé de coucher systématiquement le nourrisson sur le dos dans un lit adapté :
    • sur un matelas ferme dans un lit à barreaux
    • installé dans une turbulette adaptée, sans oreiller ni couette ni couverture
    • avec une température ambiante modérée (18-20°)
    • idéalement dans la chambre des parents les 6 premiers mois de vie, sans partage du lit parental
    • sans exposition au tabac

Conduite à tenir lors du premier contact téléphonique avec la famille

  • En cas de suspicion de décès ou de décès avéré d'un nourrisson et si les personnes qui ont trouvé l'enfant inanimé n'ont pas directement alerté le centre 15 : contacter immédiatement un médecin régulateur du centre 15.

Conduite à tenir par le premier intervenant sur place

Anamnèse et examen physique

  • S'entretenir avec chacune des personnes présentes (si possible par le même intervenant et recherchant d'éventuelles discordances ou incohérences).
  • Procéder à un examen complet de l'enfant dénudé (noter les lésions cutanéo-muqueuses, lividités, tension des fontanelles, température, signes de déshydratation ou dénutrition, etc.).
  • Procéder à un examen détaillé du lieu du décès.
  • Organiser une prise en charge systématiquement médicalisée de l'enfant et des parents.

Transport du corps de l'enfant

Démarches administratives

Certificat de décès

A transmettre à l'état civil :
  • Partie administrative :
    • Si la cause du décès n'apparaît pas comme « suspecte » :
      • cocher la case « prélèvements en vue de rechercher la cause du décès » : des investigations seront effectuées dans un centre de référence MIN pour rechercher la cause du décès
    • Si la cause du décès apparaît comme « suspecte » :
      • cocher la case « obstacle médico-légal » : une enquête judiciaire sera ouverte, pouvant déboucher sur une autopsie médico-légale
  • Partie médicale : mentionner la cause la plus probable du décès. Cette partie n'est pas définitive, il est possible de transmettre ultérieurement au CépiDc (Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de Décès) un certificat complémentaire
    • si la case « prélèvements en vue de rechercher la cause du décès » est cochée, il est possible de mentionner le diagnostic de « mort inattendue du nourrisson »
    • si la case « obstacle médico-légal » est cochée, il est possible de mentionner une « suspicion d'homicide » ou autre
    • dans la partie II, mettre les éventuelles causes associées au moment du décès et ayant pu affecter l'état de santé de l'enfant (ex. : bronchiolite) ou de la mère (ex. : addiction, maladie familiale préexistante, etc.)

Quand alerter l'autorité judiciaire ?

  • En cas de signes fortement évocateurs de maltraitancehas0014f (ecchymoses multiples ou d'âge différent, morsures, brûlures de cigarette, maigreur extrême) :
    • signalement judiciaire immédiat (appel au procureur de la République)
    • informer les parents (ou le tiers) de la démarche engagée et expliquer les éléments d'observation qui ont conduit au signalement
  • Dans les autres cas, la situation sera évaluée au cas par cas, à la lumière des résultats des premières investigations médicales (dont l'autopsie).

Auteurs de la synthèse

Claire Rambaud , Annie Tangtakoun et Dorothée Neveux

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