Pneumonie à Mycoplasma pneumoniae chez enfants et adultes
Publication par la HAS
21/12/2023
Synthèse par ebmfrance
18/07/2024
Thématiques
À retenir
- Penser à une pneumonie à Mycoplasma pneumoniae devant :
- un tableau clinique de pneumonie aiguë communautaire d’installation progressive, parfois accompagné de signes extra-respiratoires
- une pneumonie aiguë communautaire ne s’améliorant pas sous amoxicilline ou amoxicilline-acide clavulanique à 48h-72h
- En cas de suspicion clinique :
- une radiographie thoracique de face est indiquée : elle ne doit pas retarder le début de l’antibiothérapie.
- une antibiothérapie probabiliste par macrolides doit être débutée.
- 1e intention : clarithromycine ou azithromycine (Tableau 3 )
- 2e intention : alternatives
- L’évolution sous antibiothérapie, notamment de la fièvre, doit être favorable dans les 48h-72h. La toux peut durer 3-4 semaines.
Epidémiologie
- Les infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae peuvent survenir à tout âge.
- Elles sont :
- plus fréquentes chez les enfants et adultes de moins de 40 ans
- rares avant 4 ans et après 60 ans
- En 2023, une augmentation inhabituelle de leur incidence a été observée.
- Les épidémies sont habituellement cycliques.
- Mycoplasma pneumoniae est la 2e bactérie la plus fréquemment impliquée dans les pneumonies aiguës communautaires après le pneumocoque.
Prévention
- La transmission est interhumaine, via les gouttelettes respiratoires.
- En période épidémique, le port du masque chirurgical par les malades et les professionnels de santé est nécessaire, notamment en présence de symptômes respiratoires.
Physiopathologie et évolution
- L’incubation est en général de 1 à 4 semaines.
- Mycoplasma pneumoniae est responsable d’infections des voies respiratoires supérieures et inférieures :
- rhino-pharyngite
- trachéo-bronchite et bronchite aiguës
- pneumonie
- La majorité des cas d’infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae guérissent spontanément et ne justifient pas de prescription d’antibiotiques.
- En cas de pneumonie, l’évolution est favorable sous traitement antibiotique dans la majorité des cas.
- Des complications et des manifestations rares (notamment cutanées ou neurologiques) peuvent survenir et nécessiter une hospitalisation.
- La toux peut perdurer 3 à 4 semaines.
Diagnostic
- Le diagnostic de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae est à suspecter :
- d’emblée en cas de tableau clinique évocateur :
- à 48-72h : en cas de pneumonie aiguë communautaire ne s’améliorant pas sous traitement de première intention d’une pneumonie franche lobaire aiguë
- La présence de cas groupés est évocatrice du diagnostic.
Tableau 1. Pneumonie à Mycoplasma Pneumoniae : signes cliniques non spécifiques et respiratoires
| Signes non spécifiques | Signes respiratoires |
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Tableau 2. Principales manifestations extra-respiratoires en cas de pneumonie à Mycoplasma Pneumoniae
Dermatologiques Chez 10% des enfants | Neurologiques Chez 6% des patients hospitalisés | Hématologiques | Cardiologiques | Rhumatologiques |
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Complications respiratoires
Des complications respiratoires peuvent survenir :
- exacerbation de maladie respiratoire chronique
- crise d’asthme inaugurale
- pneumonie sévère hypoxémiante
- épanchement pleural
Examens complémentaires
- radiographie thoracique de face en inspiration :
- elle est indiquée devant une suspicion de pneumonie à Mycoplasma Pneumoniae pour :
- confirmer le diagnostic de pneumonie aiguë communautaire
- dépister une complication : épanchement pleural, abcès pulmonaire
- rechercher un diagnostic différentiel
- elle ne doit pas retarder le début de l’antibiothérapie
- un retard radiologique d’environ 72 heures est possible par rapport au début des symptômes
- les anomalies radiographiques sont variables et non spécifiques :
- opacités infiltratives mal ou non systématisées, unies ou bilatérales
- plus rarement : opacité systématisée, segmentaire ou lobaire de densité homogène, bien limitée
- elle est indiquée devant une suspicion de pneumonie à Mycoplasma Pneumoniae pour :
- PCR sur prélèvement respiratoire, pharyngé ou nasopharyngé :
- elle permet le diagnostic précoce des pneumonies à Mycoplasma pneumoniae
- non remboursée en ville en 2023
- Tests sérologiques :
- ils permettent un diagnostic uniquement rétrospectif sur un virage sérologique à 15 jours d’intervalle
- ils sont peu utiles à la prise en charge initiale et ne sont pas indiqués en ambulatoire
Traitement
- Les critères d’hospitalisation sont les mêmes que pour toute pneumonie aiguë communautaire.
- Devant une suspicion de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae, une antibiothérapie probabiliste par voie orale est indiquée en ambulatoire.
- Les macrolides sont le traitement de référence, avec en 2023 peu de souches résistantes décrites en France :
- 1e intention : clarithromycine ou azithromycine (Tableau 3 )
- du fait de sa longue demi-vie, l’azithromycine expose à un plus grand risque de résistance bactérienne que les autres macrolides
- 2e intention : voir les alternatives en cas de problèmes d’approvisionnement, d’allergie ou de contre-indication aux macrolides
- 1e intention : clarithromycine ou azithromycine (Tableau 3 )
Tableau 3. Macrolides de première intention en cas de pneumonie à Mycoplasma Pneumoniae
| Enfant | Adulte | |
Clarithromycine | enfant ≤ 60 kg 15 mg/kg/j en 2 prises (soit 1 dose/poids matin et soir) pendant 5 jours | 500 mg matin et soir pendant 5 jours |
| Azithromycine | enfant < 25 kg 20 mg/kg/j en 1 prise (soit 1 dose/poids 1 fois par jour) pendant 3 jours enfant ≥ 25 kg 500 mg/j en 1 prise pendant 3 jours | J1 : 500 mg/j en 1 prise J2 à J5 : 250 mg/j en 1 prise |
- L’évolution sous antibiothérapie, notamment de la fièvre, doit être favorable dans les 48h-72h.
- Dans le cas contraire, le patient doit être réévalué.
- A noter que la toux peut durer 3-4 semaines.
Auteurs de la synthèse
Morgan Gendron , Mathieu Ginier-Gillet , Hélène Hyron et Agnès Peltier