Infection à Trichomonas vaginalis
A retenir
- Rechercher Trichomonas vaginalis :
- femme : en présence de vulvovaginite ou leucorrhées, recherche en 2e intention après :
- prélèvement vaginal bactériologique et mycologique négatif
- et recherche de chlamydia et gonocoque négative
- homme : en présence d’urétrite et/ou écoulement, recherche en 2e intention après :
- recherche de gonocoque et chlamydia négative
- en cas d’infection à trichomonas vaginalis chez le ou la partenaire.
- femme : en présence de vulvovaginite ou leucorrhées, recherche en 2e intention après :
- Le diagnostic est fait à l’examen direct sur :
- chez la femme : prélèvement ou auto-prélèvement vaginal
- chez l’homme : 1er jet d’urine ou par écouvillon en cas d’écoulement
- Traitement de 1e intention : métronidazole 500mg matin et soir pendant 7 jours A, à associer à :
- dépister les autres IST
- traitement des partenaires, même en cas de prélèvement négatif
- éviter la consommation d’alcool : effet antabuse
- rapports protégés jusqu’à la fin du traitement
- proposition d’aide à la notification au(x) partenaire(s)
- L’infection est asymptomatique dans 10 à 50% des cas.
- Compte-tenu de la faible prévalence de l’infection en France, un dépistage systématique n’est pas recommandé.
Microbiologie et épidémiologie
- Trichomonas vaginalis est :
- un protozoaire flagellé, mobile, extracellulaire, anaérobie, n'existant que sous forme végétative
- strictement humain
- à transmission exclusivement sexuelle d’un individu à l’autre
- L’incubation est de 4 à 28 jours.
- En France, la prévalence de l’infection par Trichomonas vaginalis était de 1,7 % tous sexes confondus en 2017 :
- 1,4 % chez l’homme
- 1,8 % chez la femme
Tableau clinique
- L’infection est asymptomatique dans 10 à 50 % des cas.
- Chez les femmes, les formes symptomatiques donnent le plus souvent un tableau de vaginite subaiguë :
- leucorrhées jaunâtres ou verdâtres, mousseuses, abondantes et nauséabondes (odeur de plâtre frais)
- vagin rouge au spéculum
- prurit vulvaire et/ou vaginal variable en intensité
- fréquentes brûlures au moment des rapports ou des mictions
- Chez les hommes, les formes symptomatiques donnent un tableau d’urétrite en général discrète :
- suintement rare avec goutte matinale
- prurit et méatite inconstants
Prélèvement : indications
Tableau 1 : indications d’un prélèvement biologique à la recherche de Trichomonas vaginalis en présence de symptômes
| Population | Symptômes | Indication d’un prélèvement à la recherche de Trichomonas vaginalis |
|---|---|---|
| Femmes | vulvo-vaginite ou leucorrhées | Oui, en 2e intention après :
|
| Hommes | urétrite et/ou écoulement | Oui, en 2e intention après :
|
- Dépister le/les partenaires et traiter simultanément.
voir aussi mesures associées
Dépistage en population générale : compte tenu de la faible prévalence de l’infection en France, un dépistage systématique n’est pas recommandé.
Prélèvement : modalités
- Méthode de recueil :
- Type d’écouvillon : ensemencé sur milieu de transport « type Eswab ».
- Le prélèvement doit être acheminé au laboratoire à température ambiante dans les 2h qui suivent le recueil.
- Méthode d’analyse :
- examen direct à l’état frais
- PCR : disponible uniquement dans certains laboratoires, non remboursée en 2025
Antibiothérapie
1e intention
- Métronidazole per os 500mg matin et soir pendant 7 jours A
- y compris chez les personnes vivant avec le VIH B
- En cas d’observance attendue médiocre :
- métronidazole 2g en prise unique ou secnidazole 2g en prise unique A
- Si traitements précédents non disponibles :
- tinidazole 2g en prise unique B
En cas d’échec
- Répéter un traitement par métronidazole 500 mg x 2/j pendant 7 jours B
- Vérifier l’observance et la bonne tolérance du traitement initial.
- Eliminer une réinfection par un partenaire non traité.
- La persistance d’une infection peut être due à :
- une réinfection
- une mauvaise observance du traitement initial
- ou à une résistance aux 5-nitroimidazolés.
Cas particulier : résistance aux 5-nitroimidazolés
- En cas de résistance aux 5-nitroimidazolés :
- En alternative, il est possible de proposer, après avis d’expert :
- ovule de tinidazole 500 mg deux fois/j pendant 7 jours ou ovule d’acide borique 600mg deux fois/j ou paromomycine crème en intra vaginal (6,25%) 2 applications/j (hors AMM) AE
- ces traitements ne sont pas commercialisés en France, mais peuvent être disponibles dans d’autres pays ou sous la forme de préparation magistrale
- En cas d’échec des traitements précités, il est nécessaire de réaliser un test de résistance et demander un avis d’expert. AE
Cas particulier : allergie aux 5-nitroimidazolés
- En cas d’allergie au métronidazole, il existe un risque d’allergie croisée avec les autres 5-nitroimidazolés (secnidazole, tinidazole) AE
- En cas d’allergie présumée :
adresser en service d’allergologie pour confirmer l’allergie au métronidazole et aux autres 5-nitroimidazolés AE
- En cas d’allergie prouvée :
- envisager un traitement hors AMM après avis d’expert AE
- ovule d’acide borique 600mg deux fois/j ou paromomycine crème en intra-vaginale (6,25%), 2 applications/j
- ces traitements ne sont pas commercialisés en France, mais peuvent être disponibles dans d’autres pays ou sous la forme de préparation magistrale
- désensibilisation proposée si allergie prouvée et échec ou impossibilité de réaliser le traitement local alternatif AE
- envisager un traitement hors AMM après avis d’expert AE
Mesures associées
- Dépistage et traitement des autres IST.
- Dépistage et traitement simultanés du ou des partenaires même en cas de prélèvement négatif.
- proposition d’aide à la notification au(x) partenaire(s)
- Abstinence sexuelle ou rapports protégés jusqu’à la fin du traitement du patient et de celui du partenaire.
- Pas d’alcool pendant la durée du traitement, compte tenu de l’effet antabuse.
- Autres mesures préventives générales en matière de santé sexuelle, notamment :
- conseils appropriés en matière de prévention de toutes les infections sexuellement transmissibles
- recherche de violences sexuelles
- recherche de grossesse éventuelle
- Si besoin, envisager :
- un traitement post exposition au VIH (TPE)
- une prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP)
- une orientation vers un centre d’orthogénie
Grossesse ou allaitement
- Pendant la grossesse :
- un traitement par métronidazole 500mg x 2/j pendant 7 jours est préférable à l’utilisation d’une dose unique
- rassurer les patientes sur l’absence de tératogénicité du métronidazole B
- l’utilisation du secnidazole et du tinidazole est à éviter car ils ont moins bien été évalués chez la femme enceinte AE
- un traitement par métronidazole 500mg x 2/j pendant 7 jours est préférable à l’utilisation d’une dose unique
- Pendant l’allaitement :
- un traitement dose unique est préférable compte tenu du passage du métronidazole dans le lait maternel
- En cas de traitement monodose et si l’enfant ne prend plus le sein la nuit, on peut proposer de prendre le métronidazole juste avant la dernière tétée du soir AE. En effet :
- pic de concentration du métronidazole dans le lait environ 2 à 4 heures après la prise
- et demi-vie d’élimination dans le lait d’environ 9 heures
Références
Document source principal
Référence complémentaire
Auteurs de la synthèse
Emilande Pinaud , Alexis Leclerc , Hélène Hyron et Agnès Peltier