Transidentité

Last modified at 04/12/2021 04:57 by System Account

À retenir

  • L'incongruence de genre se caractérise par une discordance entre sa propre identité de genre et le genre assigné à la naissance ou perçu par les autres. La transidentité (anciennement transsexualisme) fait référence à la manifestation la plus forte de l'incongruence de genre. Dans la plupart des cas, l'identité de genre d'une personne transgenre est celle d'un homme ou d'une femme, mais elle peut aussi être non binaire, par exemple (voir aussi [Guide de pratique clinique] ).
  • La transidentité est associée à la souffrance en ce sens que l'individu, en raison de ses caractéristiques physiques, n'est pas considéré comme représentant le genre auquel il ou elle s’identifie et ne peut donc pas vivre le rôle de genre auquel il ou elle s’identifie. L’anatomie sexuelle du corps semble également étrangère et inappropriée.
  • La transidentité qui génère de la détresse se traite par la thérapie de changement de sexe. L’objectif est de rendre les caractéristiques du corps et de l’anatomie plus proches de celles du genre auquel la personne s'identifie, aussi afin de faciliter son intégration dans le rôle social du sexe opposé.
  • Le plus souvent, les examens médicaux et la chirurgie ne sont disponibles que dans des centres spécialisés.
  • La transidentité devient obsolète en tant que concept diagnostique. Dans la CIM-11, le nom du diagnostic a été changé en incongruence de genre et les critères diagnostiques prennent en compte plus largement qu'avant les individus souffrant de divers types d'expériences d'incongruences liées au genre.

Prévalence et étiologie

  • Aucune véritable étude de population n’est disponible pour déterminer la prévalence de la transidentité.
  • Les études sur la prévalence de toutes les variations de l'expérience d'identité de genre comportent des incertitudes. Sur la base de nombreux résultats, env. 0,6–4 % des personnes ont une identité de genre qui n'est pas totalement cohérente avec le sexe inscrit dans le registre de population. Tous les individus ne sollicitent pas un examen ou un changement de sexe.
  • Il existe de nombreuses théories sur l’étiologie de la transidentité, allant des théories psychosociales aux théories biologiques (par exemple, la différenciation des structures du cerveau qui contrôlent le comportement sexuel selon un processus de développement incompatible avec le reste du corps).

Diagnostic

  • Il aborde principalement le diagnostic différentiel des troubles de l’identité de genre.
    • Les personnes souffrant de troubles de santé mentale, plutôt que de transidentité, doivent être identifiées et orientées vers les soins adéquats.
  • Approche d’une équipe multidisciplinaire
    • En Finlande, les patients de moins de 18 ans sont examinés par une équipe psychiatrique pour adolescents et ceux de 18 ans ou plus par une équipe psychiatrique pour adultes.
  • Les examens ambulatoires durent généralement plusieurs mois, souvent plus d'un an.
  • À terme, établir un parcours de soins individualisés avec le patient (objectifs, interventions). Certaines personnes ne souhaitent pas entreprendre tous les traitements disponibles.
  • Pour orienter la personne, il est conseillé d'utiliser les instructions mises localement à disposition par les unités et services spécialisés concernés.
    • En Finlande, le patient peut être orienté vers un spécialiste par n'importe quel médecin finlandais agréé, mais idéalement par le médecin qui connaît le mieux l'état mental général du patient.

Aspects sociaux et juridiques de la transition de genres

  • Lorsque les individus transgenres sentent que c'est le bon moment, ils commencent à vivre ouvertement leur rôle dans le genre choisi et en même temps, prennent généralement un prénom adapté à ce choix de genre. La transition sociale entre les genres se déroule en parallèle à la thérapie de changement physique du sexe.
  • Les recommandations internationales stipulent généralement que la personne doit intégrer son rôle de genre choisi en continu pendant environ 12 mois (test de vie réelle) avant que son genre ne soit officiellement confirmé. Toutefois, la durée de la période de test de vie réelle doit faire l'objet d'un accord individuel. Après cette période, prévoir une évaluation pour savoir si la personne a jusqu'à présent tiré profit de la transition de genre et si elle souhaite recevoir un document d'identité personnel adapté à son sexe.
  • En Finlande, il existe deux unités distinctes qui effectuent des examens d'identité de genre. La confirmation officielle du sexe légal nécessite l'avis positif des psychiatres de ces deux unités sur la base de l'examen personnel et un certificat d'infertilité fourni par un gynécologue.
  • La demande de nouveau numéro d'identité personnel doit être soumise au bureau du registre local.

Thérapie de changement de sexe

  • La plupart des traitements qui entraînent des changements permanents (en particulier les traitements chirurgicaux) ne sont accessibles qu’aux patients adultes.
  • Sur la base du jugement individuel, on peut également commencer l'hormonothérapie chez le mineur d'âge.

Traitement hormonal

  • Après une évaluation psychiatrique complète, le psychiatre oriente en général la personne vers un (gynécologue) endocrinologue pour commencer l'hormonothérapie.
  • Si l'examen gynécologique ou andrologique et les analyses biologiques ne révèlent aucune contre-indication à l’hormonothérapie, le patient transgenre femme vers homme (FtoM) commence la prise de testostérone et le patient transgenre homme vers femme (MtoF) commence généralement la prise d’œstrogène et un produit anti-androgénique.
  • L'hormonothérapie, qui modifie de façon permanente les caractéristiques sexuelles, peut être entamée dès l’âge de 16 ans. On peut aussi envisager une inhibition du déclenchement de la puberté chez les personnes plus jeunes.
  • La durée de l'hormonothérapie est longue et après la phase initiale, le suivi peut se faire dans un établissement de soins autre que l’hôpital qui a instauré le traitement, c.-à-d. généralement en première ligne.

Chirurgie de reconstruction mammaire

  • La majorité des personnes transgenres FtoM sont satisfaites de la chirurgie de réduction mammaire, qui dans de nombreux cas est la seule procédure chirurgicale qu'ils désirent.
  • Si, en dépit d'une hormonothérapie suffisamment longue (d'au moins 2–3 ans), les seins d’une personne transgenre MtoF ne sont pas assez volumineux pour correspondre à la caractéristique sexuelle féminine, la chirurgie d’augmentation mammaire est justifiée.
  • Généralement, on réalise l'intervention chirurgicale dans un centre spécialisé.

Chirurgie de la voix, de la pilosité corporelle et faciale

  • L’hormonothérapie ne modifie pas la voix des personnes transgenres MtoF et un phoniatre devra évaluer le besoin de recourir à un traitement de la voix chez la majorité de ces patients, qui nécessiteront souvent un traitement orthophonique. Si la féminisation de la voix n’est pas atteinte par les méthodes conservatrices, il est possible d'envisager la chirurgie des cordes vocales. C'est habituellement le phoniatre traitant qui réoriente la patiente vers la chirurgie.
  • Les individus transgenres MtoF demandent l'épilation du corps masculin étant donné que l’hormonothérapie a peu d’effet sur la croissance pileuse. La disponibilité des traitements tels que l'épilation au laser, la lumière pulsée intense ou l'épilation électrique (cette dernière est réalisée par un plasticien/esthéticien) et leur politique de remboursement peut varier d'un système de santé à l'autre.
  • Une petite partie des personnes transgenres MtoF ont recours à la chirurgie faciale pour féminiser ou masculiniser le nez, la mâchoire ou le front. Selon la pratique nationale, le système de santé public offre ou n'offre pas de couverture.

La chirurgie génitale

  • La chirurgie de reconstruction génitale est habituellement effectuée à la fin du processus de transition entre les genres.
    • En Finlande, l'orientation vers ce type de chirurgie nécessite l'avis positif des psychiatres des deux unités spécialisées qui examinent l'identité de genre.
  • En Finlande, la chirurgie s'organise de la manière suivante :
    • La reconstruction des organes génitaux externes est centralisée dans un centre spécialisé.
    • Dans la chirurgie FtoM, la première phase comprend l'ablation du vagin dans l'un des deux centres spécialisés (département de gynécologie et obstétrique) ; l'hystérectomie et l'ovariectomie sont généralement effectuées dans le même temps.
    • L'ablation seule de l'utérus et des ovaires est également possible dans le service hospitalier de prise en charge si l'individu ne prévoit pas de recourir ultérieurement à une intervention chirurgicale pour remodeler les organes génitaux externes. L'ablation du vagin seul après hystérectomie et ses annexes est une procédure très ardue.
  • La majorité des personnes transgenres FtoM choisissent de ne pas procéder à la chirurgie de reconstruction génitale. Plusieurs techniques chirurgicales sont développées et la méthode choisie représente généralement un compromis en fonction des souhaits du patient et de la structure corporelle, entre autres facteurs.
  • Les personnes transgenres MtoF sollicitent plus souvent la chirurgie de reconstruction génitale que les transgenres FtoM.

Dispositifs et appareils d'assistance

  • Selon les politiques nationales de remboursement, lorsque les conditions de fourniture d'aides et d'appareils sont remplies, une femme transgenre peut se voir offrir une perruque et l'homme transgenre une prothèse pénienne ou érectile. Les prothèses mammaires ou les brassières peuvent constituer des alternatives médicalement justifiables à la chirurgie thoracique.
    • En Finlande, le ministère des affaires sociales et le conseil de la santé pour les choix en matière de soins de santé (COHERE) ont souligné que lorsque les critères de fourniture de dispositifs médicaux d'aide à la réadaptation sont remplis, la fourniture de ces dispositifs est possible dans le cadre des soins de santé publics, sur la base d'une évaluation individuelle [Lien].

Soutien psychosocial

  • La transition de genre est un processus éprouvant et certaines personnes transgenres ont besoin d’un soutien psychosocial pendant la période de transition. Mettre en place une relation thérapeutique de soutien et prévoir d’autres formes de soutien, si possible, près du lieu de résidence de la personne, par exemple dans un centre de santé mentale ou un centre psychiatrique de consultations externes.
  • Diverses associations proposent des formations, des interventions familiales et un soutien psychosocial, ainsi que conseils et soutien sur les problématiques juridiques ou de la discrimination, par exemple. Les personnes transgenres forment aussi des groupes de pairs et beaucoup d'entre elles trouvent du soutien dans les groupes de discussion sur Internet.

Suivi et pronostic

  • Le suivi en unité de recherche sur l'identité de genre est moins fréquent après la phase d’évaluation initiale et clôture progressivement le processus dès que les interventions prévues dans le parcours de soins individuels sont terminées.
  • En leur fournissant toutes les instructions nécessaires à son bon déroulement, il est possible de confier la surveillance de l’hormonothérapie à long terme aux prestataires de soins de première ligne ou de la médecine du travail.
  • Aucun autre suivi n’est nécessaire. La consultation de centres spécialisés est possible si nécessaire.
  • La thérapie de changement de sexe est un processus holistique et de réadaptation qui, quand il est bien effectué, diminue grandement la souffrance générée par le conflit entre les genres et améliore la capacité fonctionnelle de l’individu.
  • Les complications des interventions physiques qui n'ont pas fait l'objet de tous les traitements nécessaires, les éventuelles expériences de discrimination ou le manque de soutien de la communauté proche peuvent tous nuire à la qualité de vie de la personne, mais même dans ce cas, très peu de personnes transgenres regrettent le changement de sexe. Le patient exprimant des regrets sur le processus de traitement doit être orienté vers une unité de coordination de ce traitement afin d'évaluer une éventuelle inversion du changement de sexe et planifier les traitements en ce sens.

Références

  1. Kuyper L, Wijsen C. Gender identities and gender dysphoria in the Netherlands. Arch Sex Behav 2014;43(2):377-85. PubMed
  2. Kaltiala-Heino R, Lindberg N. Gender identities in adolescent population: Methodological issues and prevalence across age groups. Eur Psychiatry 2019;55():61-66. PubMed
  3. Medical treatments for gender dysphoria that reduces functional capacity in transgender people – recommendation (Summary in English). COHERE Finland, 2020. [Lien]
  4. Medical treatment methods for gender dysphoria, i.e. anxiety, related to a non-binary gender identity in adults – recommendation (Summary in English). COHERE Finland, 2020 [Lien]
  5. Medical treatment methods for dysphoria associated with variations in gender identity in minors – recommendation (Summary in English). COHERE Finland, 2020. [Lien]